Romans

"Il s’est approché avec retenue, à pas feutrés, comme on apprivoise un animal craintif qu’un geste abrupt viendrait effaroucher, un mourant plongé dans l’instant de morphine où il ne souffre plus. Un rayon filtre à travers l’entrebâillement des rideaux, rehaussant la modestie des ors assoupis. Dans ce spectacle apaisant où l’harmonie des tons s’accorde à la pureté des lignes, il voit une récompense et la confirmation que le nouvel alignement confère à l’ensemble plus d’équilibre, de sensibilité, plus de noblesse aussi."

« Avec un style enlevé, l’auteur nous décrit la chasse d’un tueur fou qui décapite des actrices, reprenant ainsi un personnage d’une pièce de Musset. Sa traque donne lieu à fréquenter les coulisses du théâtre et donne lieu à de savoureuses descriptions du milieu. » (Le Dauphiné libéré)

« …un auteur exigeant et inspiré. » (Philippe Lacoche, Le Magazine littéraire)

Quorum, 1997 (Prix du Livre de Picardie et Prix du Roman Insolite de la Renaissance Française) (épuisé)

"Il s’appelait Mallarmé. Un autre se serait flatté de la coïncidence, aurait rivé sur sa façade une plaque de cuivre, multiplié les cartes de visite, tué frère, tante ou perroquet pour le bonheur de lire dans la rubrique nécrologique de magnifiques faire-part de deuil. Ce Mallarmé n’avait rien d’un vantard. Son patronyme fut un supplice d’autant plus mal vécu que ses parents, une mère entrée en filature, un père descendu au fond de la mine sans avoir eu le temps de polir leur culture, avaient cru bon le prénommer Stéphane."

« Toute l’intensité humaine, mêlant le commun des mortels aux dieux vivants du cyclisme, est étudiée par le littérateur comme une grande messe païenne et érotique, lorsque Paris-Roubaix défile au pas de charge dans la tranchée de Sesoing. » (Yves-Marie Lucot, La Voix du Nord)

« L’écriture de Gilbert Millet est joyeusement ludique. Elle se promène avec beaucoup d’aisance tantôt du côté de Simenon, tantôt du côté de l’ex-nouveau roman : un cocktail original, qui flatte les papilles gustatives. » (Georges Dottin, Nord’)

 

Nestiveqnen, 2005

"Jeudi

La pièce est vide. En s’installant dans ce quartier, Isabelle a rayé la maison de briques rouges, les métastases cascades. Des calendriers maternels reste une collection de cendre où agonisent, noircis, deux chatons ornés d’une faveur rose, un lapin cosmonaute, une tortue fumant la pipe et trois veaux aux hormones. La pièce est vide, le frère mort. Isabelle a vomi l’amoncellement de bibelots et de poussière, la Niçoise borgne, l’Alsacienne, la Picarde, quarante-huit poupées des Provinces de France, cinq panthères en cristal de Bohème, une baleine, un panda, un penseur de Rodin, la lampe Veuve Cliquot, une Soubirous, pieds dans la neige, le chausson d’une danseuse, sans doute unijambiste, et le clou du désastre, le fer à cheval tombé d’une étagère sur l’orteil de grand-mère Bertrande, preuve évidente que l’objet portait bonheur : à deux centimètres près, il fracassait le crâne."

« Il faut, comme en musique, se laisser porter par le texte et laisser ces motifs réguliers prendre sens. En contrepoint de la musique d'Isabelle correspond l'obsession de Christian traquant les sons, à la recherche d'une vérité aussi illusoire que fatale. Exigeant, précieux, les subtilités de ce récit fantastique réclament une lecture attentive. » (Claude Ecken, L'écran fantastique)

« Un livre que l'on savoure pour les mots, pour le rythme, pour la musicalité, les sensations. » (Chroniques de l'imaginaire)

 

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